Coup d'oeil dans le passé

Du secteur privé avec les associations et fédérations, au secteur public avec l'Etat, en passant par le mouvement olympique, l'organisation sportive française est la conséquence directe de l'histoire du sport moderne depuis la fin du XIXème siècle. Pour mieux comprendre ce particularisme assez complexe, petit retour en arrière …



Le développement des associations sportives

<span class=s0><i>Course Racing contre Cambridge. 1er novembre 1906, BNF. Crédit : http://gallica.bnf.fr/</i></span>
Course Racing contre Cambridge. 1er novembre 1906, BNF. Crédit : http://gallica.bnf.fr/
Le développement du sport moderne remonte à la fin du XIXème siècle en Angleterre où l'on retrouve un ensemble de mouvement corporatif lié à des pratiques traditionnelles qui visent à préparer au combat, l'équitation et l'escrime sont alors très en vogues. Dans un même temps, la gymnastique, issue des écoles allemande et suédoise ce développe sur des fondements hygiéniste et citoyen. L'Angleterre prend l'initiative d'intégrer le sport à l'école ce qui va avoir pour conséquence de populariser la pratique, jusqu'alors réservée à une élite. La pratique ce diversifie, la soul/sioule médiévale pratiquée dans de nombreux endroits fait l'objet de règles divergentes selon les localités. La pratique à l'école va amener à développer des compétitions qui vont petit à petit nécessiter la mise en accord sur les règles à suivre : jeux à la main autorisé ou interdit, délimitation d'un terrain... Des étudiants de l'université de Cambridge vont encrer ce mouvement de règlementation du sport en créant les « Règles de Cambridge » qui vont faire naître le football tel qu'on le connait aujourd'hui. Dès lors deux entités vont ce distinguer, la « Football Association » privilégiant l'utilisation du pieds et regroupant onze clubs indépendants, et la « Football Rugby » prônant l'utilisation des mains. Elles vont ainsi faire apparaitre les sports modernes que l'on connait : le football et le rugby. Le pugilat, ancêtre de la boxe, également très rependues mais de manière clandestine n'échappe pas au mouvement. Le marquis de Queensberry fait instaurer un ensemble de règles imposant le port des gants, limitant le temps de combat, faisant sortir le pugilat de la clandestinité.
<i><span class=s0>Stade Français, janvier 1900, BNF. Crédit : http://gallica.bnf.fr/ 1</span></i>
Stade Français, janvier 1900, BNF. Crédit : http://gallica.bnf.fr/ 1





















L'internationalisation du mouvement

<span class=s0><i>Les membres de l'USFSA en 1913. Crédit : http://gallica.bnf.fr/</i></span>
Les membres de l'USFSA en 1913. Crédit : http://gallica.bnf.fr/
L'Europe alors en pleine mutation, économique, sociale, culturelle… connait une période d'échange de plus en plus accrues. Le développement des moyens de transport tel que le train permettent aux voyages de se développer, avec pour but l'enrichissement culturel mais pas seulement. Bien que réservé à une élite, les étudiants ne seront pas en marge du mouvement et certains échanges vont préfigurer le développement des clubs sportifs. Des unions d'associations sportives voient le jour. Le développement du sport moderne et la multiplication des activités sportives sont alors en marche. En France, en 1881, est créé l'Union Vélocipédique de France (UVF). Dans le même temps, le Racing Club de France (1882) et le Stade Français (1883) crées l'Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (USFSA) en 1887. L'Etat étant absent de ce processus, le bénévolat et le développement du sport par les structures locales fait préfiguration aux associations sportives d'aujourd'hui, ce qui va impacter le schéma de l'organisation sportive française. La Loi de 1901 sur la création des associations, encore aujourd'hui en vigueur, va participer à l'extension de ce mouvement.

Très vite des compétitions et des organisations internationales vont voir le jour, avec pour avènement la renaissance des Jeux olympiques modernes en 1894, date à laquelle Pierre de Coubertin (1863-1937 ; historien et pédagogue français, il milita pour le développement du sport dans les établissements scolaires) crée le Comité International Olympique avec pour devise officielle « Citius, Altius, Fortius » (devise d'Henri Didon, Prieur du Collège Albert-le-Grand d'Arcueil ; traduction : « plus vite, plus haut, plus fort »). Dans la foulée, est créé le Comité Olympique Français (COF) chargé d'assurer la France de participer aux premiers Jeux. Ces derniers auront alors lieu à Athènes en 1896.
<span class=s0><i>Pierre de Coubertin - photographie de presse - Agence Roll, BNF Crédit : http://gallica.bnf.fr/</span></i>
Pierre de Coubertin - photographie de presse - Agence Roll, BNF Crédit : http://gallica.bnf.fr/


Créé en 1904 à Paris, la Fédération internationale de Football Association (FIFA) va regrouper sept pays européens. Au vue de la réussite des tournois de football aux Jeux Olympiques, elle va très vite décider dès 1930, d'organiser sa propre compétition en créant la première édition de la coupe du Monde, pour laquelle le pays hôte : l'Uruguay sortira vainqueur sur le score de 4-2 face à l'Argentine.

Sur un même effort, l'UVF, les fédérations françaises de boxe, d'aviron, d'escrime et l'USFSA affiche une volonté commune de créer un comité commun réunissant l'ensemble du mouvement sportif. Le Comité National des Sports, syndicat des Fédérations Sportives » (CNS), voit le jour le 23 mai 1908, date officielle de création figurant aujourd'hui sur les statuts de ce qui est devenu le Comité Nationale Olympique et Sportif Français (CNOSF). Dès 1913, le COF et le CNS vont être regroupés au sein d'un même siège pour travailler ensemble. L'un (COF) œuvrera pour la représentation de la France aux Jeux et l'autre (CNS) s'occupera des sujets transversaux relatifs aux fédérations et à leurs membres.
<i><span class=s0>Réunion du Comité olympique français  n° 1 M. Vidal, n° 2 M.H. Paté, n° 3 Grantz Reichel, n° 4 Comte de Clary, n° 5 Comte de Polignac, n° 6 Comte de Castellane Crédit : http://gallica.bnf.fr/</span></i>
Réunion du Comité olympique français n° 1 M. Vidal, n° 2 M.H. Paté, n° 3 Grantz Reichel, n° 4 Comte de Clary, n° 5 Comte de Polignac, n° 6 Comte de Castellane Crédit : http://gallica.bnf.fr/






L'étatisation du sport et le développement du sport pour tous.

La réussite des jeux et la démocratisation du sport permettant un rayonnement internationale et dont les enjeux économiques auront très tôt étaient saisies, vont faire réagir les Etats et notamment la France. Dès l'entre deux-guerres les pouvoirs publics vont s'emparer de l'organisation sportive et deux écoles vont s'affronter. La première sera partisane du sport d'élite et voudra développer les infrastructures en vue d'organiser la coupe du monde de 1938, en proposant la création d'un grand stade à Paris. La seconde école quant à elle va s'appuyer sur le soutien pour le financement du sport pour tous, ce qui va avoir pour conséquence d'enterrer le projet du Grand stade.

S'en suivra la seconde guerre mondiale et la période du régime de Vichy, ou le sport va être utilisé comme moyen de formation de la jeunesse sur le fondement des valeurs qu'il véhicule : discipline, virilité, morale. La Charte des sports va être adoptée le 20 décembre 1940. Elle va conditionner la création des associations sportives à un agrément ministériel. Le 29 avril 1941 est prononcé pour la première fois le serment de l'Athlète « Je promets sur l'honneur de pratiquer le sport avec désintéressement, discipline et loyauté, pour devenir meilleur et mieux servir ma patrie ». Le sport est donc devenu l'objet de propagande, certains comme la natation, le rugby, l'athlétisme ou encore la boxe sont privilégiés.
<span class=s0><i>Éducation générale et sports : revue officielle du Commissariat général à l'éducation générale et aux sports, 1942  Crédit : http://gallica.bnf.fr</i></span>
Éducation générale et sports : revue officielle du Commissariat général à l'éducation générale et aux sports, 1942 Crédit : http://gallica.bnf.fr


A la libération ce schéma d'agrémentation des associations sera plus ou moins conservé, puisque l'Etat va décider de déléguer ses pouvoirs en la matière aux fédérations sportives pour ce qui est de l'organisation des compétitions. Nait alors l'organisation moderne du sport en France comme nous le connaissons encore aujourd'hui.

Les JO de Rome de 1960 vont être un élément déclencheur supplémentaire dans l'organisation sportive. En effet l'échec retentissant de la France avec un bilan de 5 médailles (2 en argent et 3 en bronzes) va faire naître dans les institutions étatiques l'ambition de créer un corps technique et administratif d'encadrement du sport élite. Le haut-commissariat à la jeunesse et aux sports sera créé. La direction des Sports qui y est rattachée sera chargée d'encadrer le corps technique placé auprès des fédérations pour développer le sport de haut niveau.













L'apogée du mouvement olympique

En 1969, à la suite des nombreux changements administratifs et juridique dans le milieu sportif, alors que le COF a acquis son indépendance quelques années plus tôt en 1959 pour finalement coexister au côté du CNS, va être pris la décision de créer un organe unique pour ce charger de la représentation du mouvement olympique au niveau international et du mouvement sportif dans son ensemble sur le territoire français. Le COF est dissout et les statuts du CNS sont modifié pour donné naissance au CNOSF sous la forme d'une association déclarée qui bénéficiera de la reconnaissance d'utilité publique acquis en 1922 par le CNS.

Cette transformation du mouvement sportif s'inscrit dans un cadre plus général de chamboulement administratif de la France. Les communes et les départements sont alors déjà bien encrés dans le paysage français depuis la Révolution française de 1793. Il n'en va cependant pas de même des régions. Celles-ci difficilement concevable au vue de l'encrage territoriale de proximité que représente les départements, ce voit faire l'objet de plusieurs expérience. Une tentative de reconnaissance officielle est faite la même année de la création du CNOSF en 1969, par un référendum, pour lequel le général De Gaulle demande : « Approuvez-vous le projet de loi soumis au peuple français par le président de la République et relatif à la création de régions et à la rénovation du Sénat ?». La réponse est négative, la France peine à trouver une stabilité administrative.

Cependant, sous l'impulsion du ministère de la Jeunesse des Sports et des Loisirs de Pierre Messmer, le CNOSF et la Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports et des Loisirs n'attendent pas les réformes et c'est en avant-gardistes qu'ils créent en 1973 les Comités Régionaux Olympique et Sportif (CROS) afin de se rapprocher du mouvement sportif local. Dix ans plus tard, le CNOSF dans la lignée des lois de décentralisation qui vont restructurées administrativement la France, va créer les Comités Départementaux Olympique et Sportif (CDOS).

Entre temps, plusieurs textes juridiques sont venus réglementés la gestion du milieu sportif. La Loi n°75-988 du 29 octobre 1975 relative au développement de l'éducation physique et du sport (loi Mazeaud), la loi n°84-610 du 16 juillet 1984 relative à l'organisation et à la promotion des activités physiques et sportives sont venus encadrer l'organisation et le fonctionnement du sport en France. La consécration juridique est intervenue finalement avec la création du code du Sport par l'article 84 de la loi n° 2004-1343 du 9 décembre 2004 de simplification du droit. Dorénavant « l'Etat, les collectivités territoriales et leurs groupements, les associations, les fédérations sportives, les entreprises et leurs institutions sociales contribuent à la promotion et au développement des activités physiques et sportives.

L'Etat et les associations et fédérations sportives assurent le développement du sport de haut niveau, avec le concours des collectivités territoriales, de leurs groupements et des entreprises intéressées » (art. 100-2 code du sport). L'organisation sportives, conformément aux faits historiques que nous avons vus, est ainsi constitué : personnes publiques ; associations et sociétés sportives; fédérations et ligues professionnels ; organismes de représentation et de conciliation.




Pour plus d'informations sur l'organisation sportive en France, voir l'article «Comprendre l'organisation sportive en France»



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